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« Eros »
L’exposition « Eros » réunit deux jeunes artistes français à l’œuvre quelque peu « audacieuse » qui nous entraîne cependant aux frontières de l’humour et de la dérision.
L’une, peintre, a pour principal sujet Barbie et ses acolytes, qu’elle met dans des situations pour le moins compromettantes, l’autre est sculpteur, et se pâme d’admiration pour le saint des seins dans lequel nous nous sentons fondre.
Caroline Maurel peint d’après modèle. Barbie, Action Man et Kent prennent la pose ou plutôt les poses, que nous avons toutes, à l’âge adulte, rêvé en secret leur faire découvrir. Par pure dérision, bien sûr. Si pour la jeune enfant innocente, Barbie incarne à merveille l’idéal féminin aux formes parfaites, et à la garde-robe idéale, l’adulte que nous sommes peut aisément transférer, sur cette poupée hyper sexuée, les fantasmes les plus coquins. C’est bien trop tentant, il faut l’avouer.
Caroline Maurel a pour principale source d’inspiration l’univers des jouets, et l’on retrouve dans sa peinture, outre Barbie, quelques autres Pokémon et Playmobiles, qui prennent tous place dans de petites histoires cocasses et grinçantes.
Quant à Barbie, nous la retrouvons dans cette série particulièrement, au cœur de jeux SM, bien évidemment dans le rôle de la soumise, portant le cuir et mains ligotées.
Peints de manière « Hyperréaliste », chaque protagonistes affichent sans ambiguïté son statut de jouet. Les poses sont rigides et sagement suggestives, les traits impassibles et figés ne prêtent nullement à confusion. Il s’agit bien de jouet, et notre peintre de s’amuser.
Croit t-on discerner une petite étincelle de malice dans les yeux de Barbie, qu’il ne peut s’agir que de notre propre perversion.
Le jouet ici, loin du monde édulcorée de l’enfance, objet de transfert pour l’expression de nos propres fantasmes, ne peut que nous inciter à sourire même si ce sourire peut aussi prêter à confusion.
Jak Espi, va droit au but. Pas de faux-semblants ni de chemin de traverses.
Le sein est l’objet absolu de son désir, et l’artiste depuis deux ans lui consacre toute son attention.
Forme autonome devenue sculptures (mais aussi sujet de la peinture), le sein peut également devenir objet fonctionnel.
Quoi de plus sécurisant que ses formes généreuses pour s’y laisser aller.
L’artiste le célèbre rond et voluptueux, aux formes pleines et lisses qui attisent la convoitise. La main ne peut que vouloir l’effleurer.
Ici la matière, résine ou aluminium, lui confère une brillance toute particulière qui magnifie ses formes et illumine ses rondeurs.
Qu’il soit attribut sexuel ou nourricier, le sein incarne la féminité absolue, objet de désir et de fantasme autant que le giron réconfortant.
Accueillant et enveloppant les sièges de
Jak Espi n’en sont pas moins incongrus, tout comme le sont ses sculptures que l’on peut, à mal y regarder, confondre avec quelques petits animaux ou oiseaux non identifiés, peut-être des anges ? L’artiste explore avec humour son noble sujet et semble intarissable.
Une chose est sûre, c’est que cet univers ne nous semble pas hostile. Bien au contraire, le sein aux multiples formes et fonctions, devenu objet de tentation, instille son immanente douceur. Luxe, calme et volupté
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